Phytoremediation

De Développement Durable
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La Phytorémiation est une technique écologiquement friendly visant à traiter et réduire les pollutions du sol, des eaux ou de l'air. Cette méthode utilise des plantes pour éliminer ou dégrader les contaminants environnementaux par voie physique, chimique ou biologique.

Principe de la Phytorémiation

La phytorémiance repose sur le principe de l'accumulation et/ou transformation des polluants par les racines des plantes. Ces dernières peuvent ainsi extraire, stocker, dégrader ou transformer en produits moins toxiques divers contaminants, tels que les hydrocarbures, les métaux lourds ou les pesticides. Les processus impliqués sont variés et peuvent inclure des mécanismes physiques (absorption), chimiques (réactions avec les composés organiques) et biologiques (interaction avec les micro-organismes du rhizosphère).

Choix des plantes pour la Phytorémiation

L'efficacité de la phytorémiance dépend en grande partie de l'espèce de plante choisie. Certaines espèces ont été sélectionnées pour leur capacité spécifique à accumuler ou transformer des contaminants particuliers. Parmi les plantes couramment utilisées, on trouve le Sisal (Agave sisalana), la Luzerne (Medicago sativa) et l'Orpin rose (Sinapis arvensis). La plante phytoextractrice doit être résistante au stress environnemental, pouvoir pousser sur de larges surfaces et ne pas être un apport alimentaire pour les êtres humains ou les animaux d'élevage.

Exemples d'application de la Phytorémiation

La phytorémiance peut être utilisée dans divers contextes :

1. Traitement des sols pollués par des métaux lourds, comme le plomb ou le cadmium, souvent issus de déchets électroniques, d'installations industrielles ou minieres. Les plantes extraient les métaux dans leurs tissus aériens et racinaires, puis peuvent être retirées du site pour un traitement ultérieur (recyclage des métaux).

2. Dépollution de l'eau : certaines espèces aquatiques sont capables d'absorber ou transformer divers polluants dissous en eau douce, notamment les pesticides et hydrocarbures. L'élimination des contaminants se fait généralement par voie physique (adsorption) ou chimique (réactions oxydatoires par exemple).

3. Réduction de la pollution atmosphérique : certains arbres, comme le peuplier, sont capables d'absorber et de stocker des composés azotés ou soufre, responsable de l'acidification des sols et de l'eutrophisation des eaux.

Limitations et perspectives de la Phytorémiance

La phytorémiance est une méthode écologiquement friendly mais elle présente des limites en termes d'efficacité, de délais (le processus peut prendre plusieurs semaines à plusieurs années) et de coûts. Elle doit souvent être intégrée dans un plan global de gestion de l'environnement comprenant aussi la collecte et le traitement des déchets dangereux, l'épuration des eaux usées ou encore la réduction de l'émission de gaz à effet de serre.

L'étude et le développement de nouvelles espèces phytoextractrices et la mise en place de protocoles opérationnels pour une utilisation commerciale de cette technique sont actuellement des priorités dans le domaine de la phytorémiance.[1]